
Quand je pense au chemin parcouru par la littérature jeunesse ces dernières années, je me sens assez loin des livres de mon enfance. Cette évolution que je daterai de la parution de « Vango » de Thimothée de Fombelle, amène désormais des plumes reconnues vers la littérature jeunesse. Ken Follett, Henning Mankell et Olivier Adam donc, notamment en font partie. J’avais raté son premier livre, « La tête sous l’eau ». Heureusement, grâce aux éditions Robert Laffont, j’ai pu me faire une idée sur « Les roches rouges ». Leila et Antoine se sont rencontrés à Pole Emploi. Elle est mariée à Alex, vigile, et a un enfant de 3 ans, Gabi. Son mari s’est peu à peu transformé en tyran domestique, violent, autoritaire et jaloux. Antoine, lui, est à la dérive. N’ayant plus le goût à rien, il a arrêté ses études et vivote chez ses parents. Entre eux, une relation se noue, échappatoire à leur mal être. Mais quand Alex l’apprend et les menace tous les deux, Antoine et Leila se retrouvent embarqués, chacun avec son lot de souffrances, dans un périple aux allures de fuite en avant. Jusqu’où cela les mènera-t-il ?
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce passage d’Olivier Adam côté jeunesse. Le premier mot qui m’est venu à l’esprit une fois le livre reposé c’est « sonné ». Sonné par cette fuite aux allures de cavale menée par ces deux écorchés vifs, qui ont déjà fait exploser le compteur des galères et se retrouvent sans trop savoir comment ni pourquoi en quête d’eux-mêmes, hors du temps, du monde. On ne peut que s’attacher à eux, à leurs failles et leurs situations qui ressemblent à une fuite en avant, sans but et sans happy end. Le récit est rythmé et sans temps mort, alternant entre Leila et Antoine, chacun dans son style, avec ses mots et expressions propres. Il permet d’entrer au plus profond de leurs pensées et de nous immerger encore plus dans leurs deux histoires qui, au final n’en font plus qu’une.
Un livre marquant pour un road trip poignant rassemblant des personnages meurtris cherchant simplement à (sur)vivre, à se (re)construire. Un très beau moment de littérature !
Vous avez aimé ? Le thème du road trip a été tellement exploité en littérature qu’il est difficile de ne retenir qu’un titre à vous conseiller. Dans un registre assez différent, j’ai choisi « Sirius », un road trip post-apocalyptique captivant et plein de poésie de Stéphane Servant.
« Les roches rouges », Olivier Adam, Robert Laffont, 230 pages.
