« Une fille de rêve », Éric Laurrent

Premier livre reçu dans le cadre des explorateurs de la rentrée littéraire 2020. « Une fille de rêve » constitue une sorte de suite à « Un beau début » du même auteur, paru en 2018 et qui traitant de la jeunesse de son héroïne, que nous retrouvons ici à 16 ans à Paris. 

« Une fille de rêve » retrace le parcours de Nicole Sauxilange qui arrive à Paris dans les années 1980 depuis son Auvergne natale. Son objectif est clair et simple, devenir célèbre. Son seul souci, c’est qu’elle n’a aucun talent particulier. De photos publicitaires « sensuelles » en publicités en passant par la participation à des émissions de divertissement de moins en moins habillée, elle va tenter à tout prix de demeurer dans la lumière des projecteurs. 

« Une fille de rêve » m’a laissé une impression tellement contrastée qu’au moment d’écrire cette critique, il m’est apparu difficile de le classer parmi les livres que j’ai aimés ou ceux qui que j‘aurai vite oubliés. La première réflexion que je me suis faite a concerné le style de l’auteur, défini selon la quatrième de couverture comme « délicieusement raffinée », et qui m’a crispé d’un bout à l’autre du roman. Les phrases bardées de mots complexes ou inventés qui s’étalent sur une demi-page pour ne rien sembler exprimer ou les descriptions d’une chaise de bureau sur six lignes représentent pour moi « l’émolliente vacuité » (pour paraphraser l’auteur) de la narration et ont tendance à me perdre en chemin. Mais nul doute que les phrases finement ciselées et pleines d’érudition d’Éric Laurrent sauront trouver leur public.

L’intrigue de son côté est très intéressante et bien menée. Elle nous entraîne dans un cadre extrêmement réaliste quant à ses acteurs, à son cadre et à ses références, qui correspondent tous à des éléments véridiques de l’époque. Ce qui fait qu’à plusieurs reprises, je me suis senti comme pris de vertige en me demandant où s’arrêtait la fiction, en me disant que cette Nicole semblait bel et bien avoir existé. Celle-ci justement est très réussie et attachante, en « Nana » des temps modernes terrorisée par l’idée de disparaître et de retomber dans l’anonymat. Sa célébrité en dehors de tout talent particulier en faisant une précurseuse des éphémères célébrités que l’ère de la télé-réalité a pu faire émerger. 

En bref, un livre très réussi mais alourdi par un style et une écriture un peu trop recherchés et étouffants à mon goût. 

Vous avez aimé ? Pour découvrir le début de la vie de Nicole Sauxilange, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans « Un beau début » du même auteur !

« Une fille de rêve », Éric Laurrent, Flammarion, 242 pages.

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