« Le silence de la ville blanche », Eva Garcia Saenz de Urturi

Après plusieurs semaines consacrées à la dernière rentrée littéraire, il est désormais temps de varier les plaisirs. Alors quoi de mieux qu’un petit polar tout chaud (il est sorti la semaine dernière) pour se relancer ?

La ville blanche dont il est question ici, c’est Vitoria, dans le pays basque espagnol. La découverte de deux cadavres dans la cathédrale de la ville fait écho à une série de meurtres rituels qui a traumatisé la ville vingt ans auparavant. Sauf que l’auteur présumé des faits est en prison depuis et proche d’une libération conditionnelle. Pour l’inspecteur Unai Lopez de Ayala et sa collègue Estibaliz Ruiz de Gauna, l’enquête va leur faire découvrir un pan largement méconnu de la ville et de son histoire, et même prendre un tour très personnel.

« Le silence de la ville blanche » présente un cadre original puisqu’il nous immerge, notamment au travers des différents meurtres qui émaillent l’intrigue dans l’histoire et le patrimoine culturel et légendaire de la ville de Vitoria et de sa région. Cette intrigue, justement, est rythmée et nous tient globalement en haleine tout au long des 560 pages du livre en sachant nous surprendre en nous proposant son quota de rebondissements inhérents à tout bon polar. L’intégration des moyens de communication modernes est très intéressante. Ainsi, le détenu, devenu criminologue en prison, va communiquer avec l’inspecteur Ayala via Twitter pour le conseiller et l’influencer, constituant une véritable mise en abyme de l’enquête mais aussi du rapport du lecteur avec la construction d’un polar.

Un roman très agréable à lire, porté par des personnages marquants aux failles profondes, avec un cadre original. Une autrice à suivre !

Vous avez aimé ? Continuez dans le domaine du polar espagnol avec la reprise de la série des Pepe Carvalho, le célèbre détective privé créé par Manuel Vázquez Montalbán, avec « Tout fout le camp » de Carlos Zanon.

« Le silence de la ville blanche », Eva Garcia Saenz de Urturi, Fleuve Noir, 558 pages.

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