« Le crépuscule des rois », Philippe Erlanger

Avec les livres d’histoire c’est souvent quitte ou double. Ou bien on tombe sur des livres totalement indigestes, jargonnants, dans lesquels on n’a l’impression de ne rien comprendre ou de perdre son temps (comme la biographie de Louis XV que j’ai lue récemment), ou bien on se retrouve happé dans le livre et on en apprend beaucoup sur les périodes et les acteurs. C’était le cas récemment avec Nota Bene, les pires batailles de l’histoire, c’est aussi le cas avec « Le crépuscule des rois ».

Le livre nous propose un portrait croisé de sept souverains européens à la tête de leurs Etats au début du 20ème siècle. On retrouve (selon le jugement de l’auteur), Nicolas II, le tsar russe rigide et faible, Edouard VII, roi d’Angleterre bon vivant et très influent politiquement, Guillaume II, empereur de Prusse impulsif et sûr de son droit, François-Joseph, souverain octogénaire d’une Autriche-Hongrie à l’agonie, Victor Emmanuel III d’Italie, cherchant désespérément à faire de son pays une grande puissance, Alphonse XIII, plus préoccupé de séduire et de vivre la grande vie que de gouverner l’Espagne, et enfin Léopold II, roi des Belges sec et froid, considérant le Congo comme sa propriété personnelle. Le moins que l’on puisse dire c’est que la galerie de portraits est on ne peut  plus éclectique. Et avec ce panorama, l’auteur déroule tout le fil de ce canevas tragique qui va mener à la première guerre mondiale. 


Philippe Erlanger nous propose une série de portraits très vivante et dynamique au sein de laquelle on n’a pas le temps de s’ennuyer. Sous sa plume, c’est toute une époque qu’on voit défiler et par ailleurs s’achever. Une époque corsetée par les conventions sociales, le règle du bon vouloir et le poids de l’étiquette où trois ou quatre personne unis par des liens de famille (la multiple descendance de la reine Victoria) pouvaient régir la destinée du monde entier. Ainsi, leurs caractères et leurs relations personnelles prennent une importance essentielle sur le sort des nations. Un livre passionnant sur ces souverains symboles d’une époque « royale », bien éloignée de nous, et qui prend fin avec la première guerre mondiale. 

Vous avez aimé ? Après ce petit tour d’Europe, il vous reste à découvrir la vision russe de la royauté, par exemple avec le très complet mais aussi très accessible « Les Romanov » de Simon Sebag Montefiore.

« Le crépuscule des rois », Philippe Erlanger, Perrin, 329 pages.

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