« L’offrande grecque », Philip Kerr

Hasards des calendriers, j’ai eu l’occasion de lire la toute dernière aventure de Bernie Gunther, « Métropolis, avant « L’offrande grecque ». Mais finalement, comme « Métropolis » se focalisait sur les premiers pas de la carrière de l’inspecteur, comme un retour aux sources, je ne suis pas mécontent de terminer avec cette escapade grecque.

Fin des années 1960. Après avoir été contraint de servir l’Allemagne nazie plusieurs années auparavant, Bernie Gunther tente de se reconstruire et de trouver sa place dans la nouvelle Europe tout en échappant aux fantômes de son passé. Après avoir trouvé refuge sous une fausse identité à Munich, il est embauché comme agent par une compagnie d’assurance. Envoyé à Athènes, il doit enquêter sur le mystérieux naufrage d’un navire allemand. Mais il s’avère rapidement que l’affaire pourrait être liée à la période d’occupation du pays pendant la seconde guerre mondiale et le passé de Bernie Gunther pourrait très vite ressurgir.

« L’offrande grecque » constitue le véritable point final de la série des aventures de Bernie Gunther. Il se différencie des tomes précédents qui alternaient des intrigues dans le présent (l’après-guerre) et des retours dans le passé sous le IIIe Reich allemand. Ce tome-là lui reste sur une seule trame temporelle à la fin des années 1950, comme pour mieux boucler la boucle. On y retrouve un Bernie Gunther émoussé par les années mais aussi par un poids moral persistant lié à son parcours. Même son ironie et ses sarcasmes habituels semblent passer au second plan par rapport à un besoin quasi-impérieux de rédemption pour tenter une fois pour toutes de chasser les fantômes de son passé. Les habitués de Philip Kerr retrouveront une intrigue dans la lignée des précédentes enquêtes de Bernie Gunther, qui conservera donc jusqu’au bout cette faculté qui le caractérise de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Mais en parallèle, il sera toujours animé de cette volonté d’essayer de lutter avec ses principes et ses idéaux dans un univers où la raison d’Etat et les différents intérêts en jeu ne sont pas forcément compatibles avec des exigences morales. Et cela peut importe la nature du régime en place. C’est avec un gros pincement au cœur qu’on repose le livre pour dire au revoir à Bernie Gunther.

« L’offrande grecque », Philip Kerr, Points, 480 pages

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