« Un éléphant, ça danse énormément », Arto Paasilinna

Arto, c’est un peu comme un ami, d’ailleurs c’est pour ça que je l’appelle par son prénom. Ça fait maintenant 18 livres qu’on se connait lui et moi. Pour le nombre d’années, j’ai un peu perdu le compte. D’ailleurs une de mes premières critiques ici était de « La forêt des renards pendus ». À force, on n’a plus trop de secrets l’un pour l’autre et je sais bien à quoi m’attendre à chacun de ses livres. Reste à savoir si « Un éléphant, ça trompe énormément » allait déroger à cette règle tacite.

Lucia Lucander est soigneuse et dresseuse d’éléphants dans un cirque en Finlande. Mais un jour, une loi vient interdire tous les spectacles mettant en scène des animaux sauvages, leur exploitation, qu’elle soit commerciale ou non, devenant totalement prohibée. Emilia, jeune éléphante de 3,6 tonnes se retrouve donc au chômage. C’est le début pour elle et Lucia d’un grand périple qui va les emmener jusqu’en Sibérie puis à travers la Finlande avec l’objectif de permettre à l’éléphante de retrouver ses congénères en Afrique. Mais le chemin est long et les (més)aventures et rencontres nombreuses !

Il n’y a pas à dire, on est en plein roman d’Arto Paasilinna. On retrouve les personnages attachants, les rencontres truculentes et la découverte des paysages naturels finlandais qui ont fait la marque de fabrique de l’auteur. Son talent au niveau du récit et de la narration est toujours là également, et on prend beaucoup de plaisir à suivre les aventures qu’il nous propose. Néanmoins, ce livre ressemble beaucoup à d’autres qu’il a pu écrire. Remplacez l’éléphant par un lièvre et on aurait presque l’impression de se plonger dans « Le lièvre de Vatanen ». Le côté parcours initiatique en moins ici puisqu’il s’agit simplement avec l’éléphant d’aller d’un point A à un point B. Alors bien sûr il y a quelques fulgurances, quelques étincelles dans ce parcours mais l’ensemble est finalement assez terne comme s’il manquait la flamme, la dimension supplémentaire à ce voyage.

Un livre un peu décevant aux thématiques un peu réchauffées malgré les talents de conteur toujours bien présents d’Arto Paasilinna.

« Un éléphant, ça danse énormément », Arto Paasilinna, Gallimard, 304 pages

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