
Dans le cadre du prix Orange du livre 2022, j’ai été sollicité par l’auteur de « Cette nuit qui m’a donné le jour » pour découvrir son roman et lui laisser sa chance de participer au prix. C’est avec plaisir que j’ai accepté sa proposition et que je vous présente aujourd’hui ce livre.
Etienne est dévasté par la mort de son père. Un père qui était un exemple pour lui et formait avec sa mère un couple modèle. Depuis trente ans, le jeune homme n’a jamais douté de leur amour réciproque ni de leur fidélité. C’est même le socle des rares certitudes sur lequel il tente de construire sa vie. Et pourtant. Avant de mourir, son père a écrit une lettre qui lui dévoile son plus grand secret : un amour intense qui a bouleversé le cours de sa vie et qui va faire voler en éclats l’image idéale qu’Etienne avait de ses parents.
« Cette nuit qui m’a donné le jour » est basé sur un triangle amoureux finalement tout ce qu’il y a de plus classique, entre le mari, la femme et l’amant. Sauf que cette fois c’est le mari qui est au centre de l’adultère, ce qui contribue à renouveler le genre. La construction, avec en point de départ le décès du mari et la découverte par son fils de l’intégralité de l’histoire de son père, est très intéressante car elle laisse le lecteur avec la certitude que, d’une manière ou d’une autre, le couple a perduré. Et cela peu importe le déroulement de cette histoire d’amour. Ce qui ne paraissait pas une mince affaire étant donné l’étendue et la profondeur des émotions suscitées par l’histoire entre Henri et Jean. Cette dernière, en même temps que les tourments vécus par les différents personnages, est restituée avec beaucoup de finesse et de sensibilité par l’auteur. L’ensemble sonne ainsi particulièrement juste. Frédéric Perrot se paye même le luxe de surprendre à plusieurs reprises un lecteur bien incapable de prévoir quelle voie va emprunter le roman, malgré sa certitude initiale. Au final, il ne lui reste plus qu’à se faire porter par ce très joli texte.
« Cette nuit qui m’a donné le jour », Frédéric Perrot, Mialet Barrault, 320 pages.
