« Trois sœurs », Laura Poggioli

Rentrée littéraire, épisode 2

« Trois sœurs » revient sur un fait divers qui a défrayé la chronique ces dernières années en Russie. Trois sœurs âges de 19, 18 et 17 ans ont tué leur père qui s’en prenait à elles depuis des années, les insultant, les frappant et même abusant d’elles. Un fait divers qui a fortement divisé la société russe, lui renvoyant l’image d’une violence domestique ancrée dans les mœurs et impunie. Car comme le montre très bien l’autrice, la Russie contemporaine a tendance à fermer les yeux sur ce qui se passe dans la sphère domestique, chacun devant rester maître chez soi. Le mouvement lié à #metoo est plutôt vu comme une lubie occidentale risquant de saper les fondements du système russe fondé sur l’autorité patriarcale. L’autrice retrace le parcours des trois sœurs confrontées au silence et à l’incompréhension voire même aux menaces. Une situation qui fait écho au parcours familial et personnel de l’autrice. Mêlant ainsi fiction et réalité, Laura Poggioli trace un parallèle avec sa situation et son expérience face à la violence à laquelle elle a pu être confronté avec son petit ami russe quand elle a vécu à Moscou.

Un livre touchant qui fait un peu froid dans le dos. Car comme le dit le proverbe russe, « S’il te bat, c’est qu’il t’aime »…

« Trois sœurs », Laura Poggioli, L’Iconoclaste, 320 pages.

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