« La petite menteuse », Pascale Robert-Diard

Rentrée littéraire, épisode 4

Victime d’un viol, Lisa a vu son agresseur condamné en première instance. À l’heure du procès en appel, elle décide de changer d’avocat pour faire appel à Alice Keridreux, car elle souhaite être défendue par une femme. Mais rapidement, le dossier va prendre un tournant inattendu qui ne laissera ni l’une ni l’autre totalement indemne.

Écrit par Pascal Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au journal Le Monde, « La petite menteuse » nous immerge superbement dans l’univers de la justice. L’autrice utilise sa très bonne connaissance du fonctionnement et des arcanes de l’institution judiciaire pour nous proposer un récit particulièrement réaliste. Sans trop en dévoiler sur l’intrigue, le livre décrit le phénomène d’emballement judiciaire, nourri y compris par la bonne foi et les bonnes intentions, qui peut conduire aux erreurs judiciaires. Il met en évidence les effets et les conséquences du revirement judiciaire sur les différents acteurs de l’affaire, ceux qui étaient décriés et voués aux gémonies se retrouvant réhabilités et inversement sans grande mesure. En filigrane, l’autrice nous interroge sur la parole des femmes et la manière de l’accueillir et de l’interroger, le cas échéant. En cette période de libération de leur parole, chaque voix dissonante est vue comme un obstacle à la cause ou prétexte à la remise en cause ou au rétropédalage réactionnaire. « La petite menteuse » traduit également l’évolution des mœurs d’une génération de femme à l’autre, entre Alice, sa mère et sa fille. Alice se trouvant prise entre l’intransigeance actuelle et la légèreté de la génération d’avant qui ne semble pas comprendre ce combat. Un livre très agréable à lire et qui fait véritablement réfléchir.

« La petite menteuse », Pascale Robert-Diard, L’Iconoclaste, 288 pages

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