« La dragonne et le drôle », Damien Galisson

Il a une douzaine d’années, et est surnommé « le drôle » par son clan – une petite troupe de quatre mercenaires qui sévit sur un monde d’îles flottantes. Il peine à trouver sa place dans le groupe, pas trop aidé par son grand-frère, qui ne décroche pas un mot et ne lui accorde jamais un regard. Le drôle, lui ce qu’il aime par-dessus tout c’est chanter et composer des rimes, mais ça ne lui apporte que des ennuis. Jusqu’à ce jour fou où une dragonne immense s’écrase à ses pieds. Poursuivie par une armada d’aéronefs de guerre.

« La dragonne et le drôle » saisit tout de suite par sa composition en vers libres. Si cela déboussole un peu tout d’abord, le lecteur trouve rapidement ses marques et est emporté par le rythme des mots de l’auteur. Le procédé fonctionne très bien et a un rendu particulièrement visuel qui nous immerge totalement dans l’intrigue. En général je réserve les photos de l’intérieur des ouvrages aux albums jeunesse, mais ce livre en mérite bien une pour illustrer mon propos. L’intrigue de son côté respecte les codes du genre en proposant un univers original fait d’île flottantes à différents niveaux qui se déplacent et son reliées entre elles par des passerelles, mais aussi de champignons géants et d’aéronefs, sans compte la dragonne bien sûr. Les personnages sont intéressants à découvrir et à suivre, en particulier ce drôle qui reste longtemps anonyme et tente de survivre dans un univers qui le dépasse. Damien Galisson ne fait pas l’impasse sur les autres protagonistes qui sont eux aussi dotés de suffisamment d’éléments personnels pour dépasser le statut de personnages secondaires. En reposant le livre, j’ai d’abord pensé que le roman aurait pu être plus développé sur certains aspects, notamment son univers. Mais après réflexion, cela aurait sans doute été au détriment de sa fluidité rythmique, donc rien à redire !

« La dragonne et le drôle », Damien Galisson, Sarbacane, 304 pages.

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