
Originaire de Stockton, Californie, Anthony Veasna So fait partie de la nouvelle génération d’Américains d’origine cambodgienne, dont les familles ont fui le régime génocidaire des Khmers rouges dans les années 1970. “Nous aurions pu être des princes”, nous fait découvrir son univers, qui oscille entre Asie et Amérique. On y croise des familles marquées par l’exil et le déracinement, des moines bouddhistes, de vieilles tantes et des cousines intrusives, des adolescents mortifiés par l’ennui. Tous tentent de se construire sur les fondations d’un traumatisme profond et sous le poids des traditions.
Dans une langue crue, brute parfois, qui sonne particulièrement juste, Anthony Veasna So nous fait partager la vision de cette nouvelle génération prise entre deux éducations, entre deux cultures. Une génération en quête de repères, entre tradition et modernité, qui doit faire coexister ses rêves avec le poids de l’histoire dont elle a hérité. En effet, les traumatismes vécus par leurs parents et grands-parents, génocide khmer rouge et exil, demeurent persistants. Malgré cela, les différents personnages peuplant les nouvelles tentent de faire vivre leurs espoirs d’ascension et de réussite, ou plus prosaïquement, de vivre leur vie pleinement.
Une quête d’identité particulièrement touchante.
« Nous aurions pu être des princes », Anthony Veasna So, Albin Michel, 336 pages.
