
Si les thématiques que le roman aborde sont relativement courantes : le deuil, le pardon et la résilience, leur traitement est original puisqu’il est abordé essentiellement du point de vue de celui qui part. Celui-ci en l’occurrence est Léonard, qui meurt seul dans sa cuisine à 85 ans, bien loin des siens. Dans la foulée, il va revivre, dans le grand désordre, différents moments-clés de sa vie pour essayer de comprendre à quel point il l’a raté dans les grandes largeurs. Mais également pour tenter, autant que possible de là où il est, d’aider sa fille à surmonter son deuil. Son récit s’entrecroise avec celui de Zoé, une petite-fille de dix ans dont la mère est brusquement tombée en catatonie. Leurs histoires vont progressivement se rapprocher pour reconstituer la trame de leur histoire familiale. Le héros est attachant grâce notamment au regard lucide et sans complaisance qu’il peut porter sur son moi plus jeune et toutes les erreurs, et les horreurs qu’il a pu commettre. L’ensemble est rythmé et très agréable à suivre et on prend plaisir à suivre, en compagnie de Léonard, les différents moments, heureux, malheureux et même honteux, entre remords et regrets.
On a coutume de dire que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, Thibault Bérard nous prouve grâce à Léonard que même après, l’espoir continue !
Quatrième de couverture :
Tout commence lorsque Léonard expire son dernier souffle. Le vieil homme solitaire n’a pas revu ses enfants depuis vingt-cinq ans et a bien des années de frasques à se faire pardonner, aussi n’est-il pas dupe : le chemin vers la rédemption sera escarpé. Tout commence lorsque Zoé, dix ans, adresse une prière muette pour le salut de sa mère. Depuis que cette dernière est brusquement tombée en catatonie, la petite fille et son père vivent un cauchemar sans fin.
Qui pourrait les sauver ?
« Le grand saut », Thibault Bérard, Éditions de L’Observatoire, 208 pages.
