« La Colère et l’Envie », Alice Renard

Pour clôturer mes présentations de la rentrée littéraire, je vous parle aujourd’hui de « La Colère et l’Envie », premier roman dont on a déjà beaucoup parlé, dans les médias mais aussi à la librairie.

Il nous fait découvrir Isor, une petite fille qui n’entre pas dans les cases. Il s’agit une enfant différente, qui ne parle pas, ne joue pas, n’interagit pas avec ses parents. En l’absence de diagnostic clair, ses parents décident de la retirer du monde, de ne pas la scolariser et de vivre avec elle en huis clos. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Lucien, un de leurs voisins septuagénaire.

« La Colère et l’Envie » est un livre à la fois déroutant et enthousiasmant. Sa construction est très intéressante car elle nous fait d’abord ressentir le point de vue des parents d’Isor puis celui de Lucien pour enfin donner la parole à la jeune fille. L’écriture suggère beaucoup et laisse au lecteur la charge de s’interroger sur les différents personnages, leurs émotions, leurs rôles et leurs relations. La dernière partie est brillante avec cette éclosion au monde d’Isor racontée par lettres successives. Le travail de l’autrice pour retranscrire cette langue que la jeune fille découvre, avec ses fautes de construction et de syntaxe et ses expressions tantôt enfantines et tantôt poétiques est vraiment magnifique.


Un superbe premier roman, hymne à la différence et à la sensibilité.

« La Colère et l’Envie », Alice Renard, Héloïse d’Ormesson, 160 pages.

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