« Chiens des Ozarks », Eli Cranor

Taggard, Arkansas. Chômage et récession frappent durement cette petite ville. C’est là que vit, au milieu de sa casse automobile, Jeremiah Fitzjurls, un vétéran du Vietnam, en compagnie de sa petite fille, Joanna. Pour protéger celle-ci d’un monde extérieur de plus en plus hostile, Jeremiah lui a transmis tout son savoir, en particulier le maniement des armes et l’autodéfense. Mais aucune ressource n’est suffisante quand les Ledford, une famille de suprémacistes blancs de la région, dealers de meth, décident de s’en prendre à la jeune fille pour régler une dette de sang. Jeremiah comprend alors que plus rien n’arrêtera la violence, sinon, peut-être la violence.

« Chiens des Ozarks » est un roman noir très réussi, comme les auteurs américains savent si bien le faire. Avec Eli Cranor, le rêve américain qui apparait au début du livre prend rapidement une énorme claque et ne s’en relèvera jamais vraiment. Fossé entre les générations, poids de la terre, récession économique et racisme galopant, voici la nouvelle réalité qui vient saper les fondements de la société américaine. Le roman est très bien mené, sans temps mort, avec des personnages construits avec beaucoup de finesse. Un livre à ne pas rater.

« Chiens des Ozarks », Eli Cranor, Sonatine, 304 pages.

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