
Quinze ans après l’effondrement, le jeune Burl vit isolé avec ses deux mères, Eva et Nell. Pour éviter d’attirer l’attention, elles ont brûlé leur maison et se sont installées au cœur de la forêt. Non loin d’une grande souche, elles se sont construite une vie bien réglée, refusant tout contact avec le monde d’Avant. Mais Burl, lui, brûle de curiosité pour ces humains qu’il ne connaît que par leurs histoires. Une nuit de solstice, depuis le haut d’une montagne, il aperçoit une lumière qui pourrait être un feu d’origine humaine. En dépit du danger, il se met en tête d’aller à leur rencontre.
Suite de « Dans la forêt », qui a marqué un grand nombre de lecteurs depuis sa parution, « Le temps d’après » nous permet d’en retrouver les deux héroïnes une dizaine d’année plus tard. S’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir lu « Dans le forêt », comme c’est mon cas, c’est néanmoins préférable pour une bonne compréhension de sa suite. Jean Hegland nous propose un récit assez lent avec des allers et retours dans le temps qui nous dévoilent bribe par bribe comment Eva, Nell et Burl en sont arrivés là. Mais ce qui marque surtout au fil des pages c’est le travail extraordinaire sur les mots réalisés par Jean Hegland, et par sa traductrice Josette Chicheportiche, pour restituer l’évolution de la langue de Burl qui a évolué toute sa vie, dans cette forêt. Avec des contacts uniquement avec ses deux mères, il a développé un langage particulièrement inventif pour faciliter la communication entre eux. Le résultat est particulièrement impressionnant !
« Le temps d’après », Jean Hegland, Gallmeister, 352 pages.
