
Six heures du matin : Berthe, cent deux ans, canarde l’escouade de flics qui a pris d’assaut sa chaumière auvergnate. Huit heures : l’inspecteur Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière. La grand-mère au Luger vide son sac, et le récit de sa vie est un feu d’artifice. Il y est question de meurtriers en cavale, de Veuve Noire et de nazi enterré dans sa cave. Alors… Aveux, confession ou règlement de comptes ? Ventura ne sait pas à quel jeu de dupes joue la vieille édentée, mais il sent qu’il va falloir creuser.
« Mamie Luger » est un roman noir particulièrement rock’n’roll. Il nous fait découvrir le personnage magnifique de Berthe, tour à tour émouvante, attendrissante, cynique et brut de décoffrage. Elle nous offre des dialogue percutant et particulièrement drôle. Mais au-delà, le livre nous fait réfléchir sur la condition féminine puisque la vie de Berthe est marquée par la violence masculine et l’arbitraire. A tel point que les moyens radicaux qu’elle trouve pour régler ses soucis, notamment conjugaux, ne manquent pas de trouver une certaine justification. Un roman très drôle et agréable à lire, plus profond qu’il n’y parait à première vue.
« Mamie Luger », Benoït Philippon, Livre de poche, 384 pages.
