
Depuis plus d’un an, Neno lutte contre un cancer qui le détruit à petits feux. Pour soulager sa fin de vie, sa famille décide de faire appel aux services d’un infirmier. Les premiers échanges entre le vieux réalisateur de cinéma d’animation féroce et le jeune infirmier pas très cultivé sont compliqués, mais rapidement les carapaces se fissurent et chacun apprend de l’autre…
« L’animateur » est un album déroutant à première vue avec des dessins plutôt minimalistes en noir et blanc. Mais rapidement, le scénario nous happe. A mesure que l’album avance, et que la vie quitte peu à peu Neno, les dessins s’animent, avec plus de détails de de jolis contrastes. La relation entre les deux hommes se développe autour du cinéma d’animation et d’un ultime projet, qui permet à Neno de partager avec son infirmier sa passion et son art. Le projet prendra vie au moment où la vie de son réalisateur s’éteint, comme une triste coïncidence.
La bande-dessinée nous propose ici un récit intime et un hommage très touchant de l’auteur à son père, lui-même réalisateur de cinéma d’animation et décédé des suites d’un cancer.
Une très belle réussite !

« L’animateur », Juanungo, Delcourt, 256 pages.
