« Sa majesté des mouches », William Golding

Je vous avais déjà parlé lors de ma critique du Royaume de Kensuké de Michael Morpurgo de ma passion petit pour les VHS de Robinson Crusoé et des Robinsons Suisses. Et visiblement, cet intérêt s’est prolongé dans mes lectures puisque voici un deuxième livre qui explore cette idée. Avant Michel Tournier ? Voici donc une interprétation un peu plus sombre que Kensuké de ce mythe.

Un avion s’écrase sur une île déserte. A son bord, les seuls survivants sont un groupe d’enfants âgé de six à douze ans. Livrés à eux même, ils vont donc devoir se débrouiller seuls pour tenter de survivre. Au début, tout se passe pour le mieux, les enfants sont libres et ne manquent de rien. Ils réussissent à s’organiser en désignant Ralph chef de bande, entouré de Porcinet, « l’intellectuel » du groupe et de Simon, timide et réservé. Mais bientôt les dissentions apparaissent. Jack, un autre garçon au tempérament dominateur, aspire à être chef et va former une bande rivale. L’affrontement est inéluctable… « Sa majesté des mouches », sous couvert d’île paradisiaque et d’enfants qui profitent d’une liberté totale constitue un roman très sombre. Si les débuts de la petite société sont idylliques, très vite les tensions apparaissent et grandissent. Et dans cet environnement en huis-clos, les passions, les ressentiments se trouvent exacerbés. William Golding nous propose une allégorie fascinante de la nature humaine, Ainsi, même un groupe d’enfants, a priori vierge de tous les éléments moraux et psychiques notamment qui pourraient atteindre une société adulte, se retrouve à petit à petit se rapprocher d’un état sauvage où règne une violence brute. D’ailleurs à ce propos, j’ai dans ma bibliothèque la version « adulte » présente sur la photo mais aussi une version « enfants ». Je vous conseille d’attendre que ces derniers soient quand même relativement grands pour ne pas les traumatiser.

En bref, un livre marquant et très sombre qui nous montre que même les enfants, symboles d’innocence par excellence peuvent s’éloigner de la civilisation et s’auto-détruire. Pas très gai tout ça mais à lire impérativement !

Vous avez aimé ? Plutôt que les classiques « Robinson Crusoé » et « Vendredi et la vie sauvage », je vous propose « Pour le meilleur et pour l’Empire » de James Hawes, une comédie délirante dans la même veine, se déroulant cette-fois-ci quelque part en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

« Sa majesté des mouches », William Golding, Gallimard, 246 pages.

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