
Autant je ne suis pas vraiment un grand lecteur des prix littéraires, autant « Au revoir là-haut » m’a vraiment impressionné. Ensuite, « Couleur de l’incendie », du même auteur, m’a également captivé. Alors au moment de la sortie de « Miroir de nos peines », j’ai acheté le livre sans aucune hésitation, impatient que j’étais de boucler la trilogie des « Enfants du désastre ».
Avril 1940. Les premiers mois de la seconde guerre mondiale sont vus à travers les yeux de 4 personnages. Louise, une jeune femme qui cherche à résoudre les mystères de l’histoire de sa famille. Gabriel et Raoul, militaires, qui vivent la drôle de guerre depuis la ligne Maginot. Désiré, aux milles costumes, qui a rejoint le Ministère de l’information. Et enfin Fernand, garde mobile. Mais très vite, l’armée allemande balaye l’armée française et c’est l’heure de l’exode pour une grande partie de la population française devant l’avancée des troupes ennemies. La France, saisie par la panique, va sombrer dans le chaos et tous les personnages vont se retrouver pris par les évènements.
« Miroir de nos peines » s’est avéré pour moi une relative déception. La multiplication des points de vue, si elle permet de dresser un tableau pluriel de la débâcle et de l’exode, produit également une impression de cafouillage empêchant de voir clairement où l’auteur veut nous emmener. Là où dans les tomes précédents des enfants du désastre, ces variations de point de vue étaient au service d’une intrigue et permettaient de l’éclairer depuis des angles très variés. Ici on a plus le sentiment d’une juxtaposition d’histoires qui vont se rassembler un peu par hasard au gré des circonstances. Ces différentes intrigues sont d’un intérêt inégal, certaines portées par des personnages très réussi comme Désiré Migaud, d’autres qui ne laissent pas un souvenir impérissable à l’image des personnages qui les traversent. Plus généralement, si l’évocation de cette période si particulière de l’histoire de France est réellement saisissante, je n’ai pas retrouvé dans ce livre l’étincelle qui braillait dans « Au revoir là-haut » et « Couleur de l’incendie ». L’exploitation du contexte historique et cet art de mêler petite et grande histoire semblent avoir un peu céder le pas face à un tableau un peu ordinaire à plusieurs voix de l’exode qui manque un peu d’ambition à mon point de vue. Mais peut être est ce moi qui en attendait un peu trop cette fois-ci.
Pour apprécier pleinement les talents de romancier de Pierre Lemaitre, je vous invite à vous plonger dans « Au revoir là haut » et « Couleurs de l’incendie » (dont vous pouvez retrouver ma chronique ici), vous ne serez pas déçus !
« Miroir de nos peines », Pierre Lemaître, Le livre de poche, 576 pages.
