
Quand nous avons organisé notre mariage, nous avons proposé à nos invités de venir avec leur livre favori pour nous l’offrir. Cela nous paraissait une bonne idée pour mieux les connaitre. Au final, cela nous a permis de faire de très belles découvertes, de lire des livres vers lesquels nous ne serions pas allés naturellement mais aussi d’avoir de beaux échanges avec nos proches.
Romain Gary nous propose ici un récit autobiographique de son enfance et de sa jeunesse auprès de sa mère, ancienne actrice russe. Depuis ses premières années à Wilno en Pologne (aujourd’hui Vilnius en Lituanie) jusqu’à son engagement dans l’aviation des Forces Françaises Libres pendant la seconde guerre mondiale, son parcours est marqué par l’amour et la foi inconditionnelle d’une mère envers son fils. Et toute sa carrière, aussi bien militaire et diplomatique que littéraire, sera vue au prisme de cette relation si particulière.
« La promesse de l’aube » est véritablement le roman de l’amour maternel. Celui-ci est apparait tout d’abord comme un dû encombrant, un véritable fardeau pour l’enfant à qui sa mère répète sans cesse qu’il deviendra un héros. Puis, parvenu à l’âge adulte, il finit par comprendre les sacrifices qu’elle a dû faire pour lui et tente alors de lui rendre, par le biais de l’écriture, l’homme qu’elle mérite tant. Par-là-même, c’est également un livre sur le temps qui passe et ne revient jamais en arrière. Sa mère étant décédée pendant la guerre, l’auteur ne pourra jamais totalement la combler en lui montrant la réussite qu’il a finalement connu. Toute sa vie, il conservera ainsi au cœur cette béance. Cet amour fusion qui détruit autant qu’il construit, cette ambivalence entre amour et haine, entre réussite et descente aux enfers, dans lesquels chacun peut se reconnaitre, constituent l’essence même de Romain Gary. Ainsi, l’auteur qui a tout réussi dans sa vie d’adulte, a été de succès en succès pour finir par se suicider.
Un livre émouvant porté par une écriture moderne qui n’a pas pris une ride, à la fois très profond mais très pudique en même temps.
« La promesse de l’aube », Romain Gary, Gallimard, 374 pages.

Livre lu en classe de 3e et qui m’a beaucoup marqué 😍
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