« Les silences d’Ogliano », Elena Piacentini

Aujourd’hui nous continuons notre tour d’horizon des vingt titres sélectionnés pour le prix Orange du livre 2022. « Les silences d’Ogliano » vient de recevoir le prix de la Closerie des Lilas, voici mon avis sur ce livre.

Dans le petit village d’Ogliano, la fête bat son plein à la Villa rose pour la célébration de fin d’études de Raffaele, héritier de la riche famille des Delezio. Tout le village est réuni pour l’occasion : le baron Delezio bien sûr ; sa femme, la jeune et divine Tessa, vers laquelle tous les regards sont tournés ; César, ancien carabinier devenu bijoutier, qui est comme un père pour le jeune Libero qui s’interroge sur ses origines. Pourtant les festivités sont interrompues par un drame. Entre enlèvement et règlements de compte, les événements s’enchaînent et conduisent Libero sur les hauteurs de l’Argentu, au péril de sa vie.

« Les silences d’Ogliano » est un superbe livre. Roman des recherches des origines et de l’identité, c’est aussi celui du passage à l’âge adulte. Il se situe dans un cadre géographique magnifique avec ce petit village imaginaire perdu dans la vallée de l’Argentu, aux paysages à couper le souffle, qui vont jouer un rôle prépondérant dans les bouleversements que va connaître Libero. Ogliano, c’est également un microcosme marqué par les secrets de famille mais aussi le poids des distinctions sociales. Tout semble gravé dans le marbre et la remise en question de l’injustice de l’appartenance identitaire à un clan ou un nom est particulièrement difficile à remettre en question. L’ensemble du livre est très rythmé et dynamique, malgré des moments plus contemplatifs avec des évocations de l’environnement et des descriptions pleines de poésie. Dans cet univers particulier, Libero va devoir s’interroger sur son identité, ce qui peut le définir et ce dont il va pouvoir se détacher pour réussir à se construire. Un roman lumineux !

« Les silences d’Ogliano », Elena Piacentini, Actes Sud, 208 pages.

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