
Le jour de son 60e anniversaire, Josy refuse de souffler les bougies de son gâteau. Sa valise est prête. Elle a pris une décision : celle de quitter mari et maison pour reconquérir sa liberté en partant avec son vieux van VW ! Sa famille, d’abord sous le choc, n’aura dès lors de cesse de la culpabiliser face à ce choix que tous considèrent égoïste. Josy va heureusement tenir bon, trouvant dans le CVL (« Club des Vilaines Libérées ») des amies au destin analogue et confrontées à la même incompréhension sociétale… Mais cela suffira-t-il pour qu’elle assume sa soif d’un nouveau départ ? Et qu’elle envisage peut-être même un changement d’orientation sexuelle ? Oui, si l’amour s’en mêle. Ou pas…
« Soixante printemps en hiver » est une bande-dessinée qui sonne très juste. Elle décrit avec beaucoup de finesse les états d’âme de cette femme qui, après s’être rendu compte de l’impasse dans laquelle se trouvait sa vie, décide de partir. Le lecteur suit et partage ses questionnements successifs et la difficile reconquête de sa liberté. Il touche du doigt les incompréhensions qu’elle peut nourrir auprès de ses proches et de sa famille. L’ensemble est très touchant, porté par des dessins magnifiques. Un très bel album qui nous montre bien qu’il n’est jamais trop tard pour être pleinement acteur de sa vie et qu’on ne peut se contenter de vivre entre parenthèse, faute de mieux.
« Soixante printemps en hiver », De Jongh, Chabbert, Dupuis, 106 pages.
