« L’inventeur », Miguel Bonnefoy

Rentrée littéraire, épisode 1

France, milieu du 19ème siècle. Augustin Mouchot, fils de serrurier et obscur professeur de mathématiques, invente l’énergie solaire grâce à la découverte d’un vieux livre dans sa bibliothèque. La machine qu’il construit va séduire Napoléon III et recueillir l’assentiment des autorités et de la presse. Elle fait sensation à l’Exposition universelle de Paris en 1878. Mais l’avènement de l’ère du charbon ruinera ses projets, jugés trop coûteux et le condamnera à tomber dans l’oubli.

« L’inventeur » est un très beau livre, magnifiquement écrit. Miguel Bonnefoy possède une très jolie plume qui immerge totalement le lecteur dans la vie d’Augustin Mouchot. Au travers de son récit, il nous donne à voir l’ascension et la chute de celui à qui, après avoir tout eu, il n’est au final rien resté. Un récit dans la veine des classiques, notamment balzaciens, du 19ème siècle, parmi lesquels « L’inventeur » ne déparerait pas. L’auteur parvient à trouver les mots juste pour exprimer les sentiments successifs par lesquels va pouvoir passer Mouchot. Mais il arrive également, dans un autre registre, à évoquer sa quête de la lumière du soleil avec des envolées pleine de lyrisme et de poésie. Le récit des derniers mois de sa vie, marqués par une déchéance absolue, est véritablement poignant. Et par-là-même, il rend un superbe hommage à cet homme brillant qui a malheureusement disparu de notre mémoire collective.

« L’inventeur », Miguel Bonnefoy, Rivages, 208 pages.

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