« Le sanctuaire », Laurine Roux 

Une famille s’est réfugiée dans une zone montagneuse et isolée pour échapper à un virus transmis par les oiseaux qui décimé l’espèce humaine. Le père y fait régner sa loi, chaque jour plus brutal et imprévisible. Fascinée par un aigle, Gemma, la plus jeune des deux filles, va peu à peu transgresser les règles établies. Mais ce sera pour tomber entre d’autres griffes : celles d’un vieil homme sauvage et menaçant, qui vit entouré de rapaces. 

« Le sanctuaire » est un roman postapocalyptique court et très réussi. Ecrit en 2019, il a évidemment trouvé un écho particulier avec la pandémie du Covid. Quelques bribes d’explications à ce contexte particulier sont disséminées au fil du roman, mais l’essentiel n’est clairement pas là. Laurine Roux réussit le tour de force de nous immerger dans un huis-clos saisissant avec des personnages très bien construits malgré un texte très court. Son écriture est très forte et parvient à superbement restituer les émotions que peut éprouver l’héroïne, avec cette sécurité du foyer qui va peu à peu se fissurer et voler en éclat. Les évocations par sa mère du monde d’avant, que Gemma n’a pas connu, est pleine de poésie. Un roman sombre, empreint d’une vraie noirceur, mais en même temps vraiment lumineux, qui constitue une véritable ode à la nature et à ses habitants.

Si vous ne l’avez pas fait, je vous invite à découvrir également le magnifique « L’autre moitié du monde« , de la même autrice, lauréat du dernier prix Orange du livre!

« Le sanctuaire », Laurine Roux , Folio, 144 pages.

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