« Petite », Edward Carey

Aujourd’hui nous retrouvons Edward Carey dans un registre assez différent de sa précédente trilogie aux tonalités fantastiques et gothiques, « Les ferrailleurs » dont je vous avais déjà parlé.

« Petite » nous emmène au cœur du 18ème siècle pour suivre le parcours de Marie Grosholz, jeune orpheline alsacienne qui deviendra plus tard la célèbre Madame Tussaud. De Berne à Londres en passant par Paris, elle va apprendre auprès du Dr Curtius un singulier métier, la sculpture de portraits en cire. Elle y réalisera les reproductions de ses plus illustres contemporains mais également des pires criminels de l’époque. Mais alors que son activité l’amène jusqu’à Versailles auprès d’Elizabeth, sœur du roi Louis XVI, la révolution française va faire tomber plus d’une tête.

« Petite » confirme, si c’était nécessaire, le talent d’Edward Carey pour créer des univers fascinants. Si cette fois-ci sa dimension fantastique reste très limitée, l’atmosphère qui émane du livre est tout bonnement saisissante et parvient sans difficulté à emporter le lecteur avec lui. Biographie romancée de Madame Tussaud, le récit est évidemment basé sur des éléments réels, l’auteur n’intervenant que pour combler les vides qui demeurent. Il en profite pour nous proposer une peinture sociale et sociétale très réussie en s’intéressant notamment aux évènements de la Révolution et leur impact sur les Parisiens. Le lecteur va s’attacher à cette petite fille franchement pas gâtée par la nature et par le sort. En dépit des obstacles, elle tentera de faire face et de suivre la voie qui s’offre à elle pour s’en sortir. Jusqu’à cette célébrité londonienne qui laissera son nom dans l’inconscient collectif !

« Petite », Edward Carey, Pocket, 560 pages.

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