
Amiens, 1919. Les champs de bataille de la Somme sont désormais silencieux. Ne restent que quelques hommes qui rassemblent les dépouilles pour tenter de les identifier. Amy, une jeune femme arrivée d’Angleterre, cherche à retrouver l’homme qu’elle aime, Edward, porté disparu. Dans la tranchée où celui-ci a été vu pour la dernière fois, treize cadavres ont été retrouvés.
Il apparaît bien vite que leur mort n’a rien à voir avec les combats, ni avec l’armée allemande.
Au croisement du roman historique et du polar, « Comme si nous étions des fantômes » nous tient en haleine d’un bout à l’autre. Les thématiques qu’il aborde sont originales et intéressantes. D’une part la période qui a immédiatement suivi la première guerre mondiale avec un nettoyage important à mettre en œuvre, les cadavres et des munitions jonchant les anciens champs de bataille. En filigrane se pose la question de savoir comment rendre sa place et son rôle à une nature fortement mise à mal par la soif guerrière des hommes. D’autre part, le livre met également en avant la place et le rôle des populations chinoises immigrées en tant que main d’œuvre sur les zones proches du front puis pour leur nettoyage après l’armistice. Une situation marquée par un racisme latent et largement passée sous silence par la suite.
La quête d’Amy, qui n’est pas sans rappeler « Un long dimanche de fiançailles » de Sébastien Japrisot, constitue l’introduction directe d’un élément féminin dans un monde – militaire – alors exclusivement masculin. Elle met en évidence le décalage alors existant entre les hommes et les femmes, soigneusement tenues à l’écart de l’horreur du champ de bataille.
Une livre qui saura vous surprendre jusqu’à la dernière page !
« Comme si nous étions des fantômes », Philip Gray, Sonatine, 504 pages.

[…] pendant et après le conflit. Une livre qui saura vous surprendre jusqu’à la dernière page !https://mangeursdelivres.fr/2023/09/27/comme-si-nous-etions-des-fantomes-philip-gray/📚 « Le soldat désaccordé », Gilles Marchand (Aux forges de Vulcain) Un livre très émouvant, […]
J’aimeJ’aime