« C’était ça ou mourir », Thélyson Orélien

Après l’embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n’emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d’abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d’histoire franchit les frontières tantôt à bord d’un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l’espoir d’atteindre le Canada et le peu de famille qu’il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l’ICE et d’une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants.

« C’était ça ou mourir » est un premier roman d’une intensité et d’une maitrise assez folles. Dans une langue foisonnante et pleine de poésie, Thélyson Orélien nous propose le récit marquant du parcours d’un migrant. Professeur d’histoire, il va devoir apprendre à devenir invisible pour survivre. Il sera confronté à l’exil, à la peur, à la honte et au rejet mais découvrira également une grande fraternité et des instants de belle solidarité. Un roman nourri de témoignages de nombreux migrants, profondément humain et d’une grande justesse.

Un incontournable de la rentrée littéraire !

« C’était ça ou mourir », Thélyson Orélien,, Grasset, 272 pages.

Laisser un commentaire