
Paris, 1942. Servane a dix-sept ans. La faim, le rationnement et la peur des arrestations règlent ses journées. Pour elle, endurer, c’est rester du bon côté. Paul, ancien militaire désabusé, trafique avec tous. Pour lui, profiter, c’est se maintenir.
Mais en 1943, le marché noir, combattu par Vichy, change de statut. Les livraisons deviennent plus laborieuses pour certains, plus nobles pour d’autres. Recrutée comme porteuse par Paul, Servane pense agir pour la Résistance. Tandis que les bombardements se rapprochent et que les dénonciations se multiplient, chacun s’enferme dans son illusion, persuadé d’agir pour le mieux. Mais la guerre ne laisse jamais indemne et bientôt, chacun devra affronter le prix réel de ses choix.
Avec « Marché noir », Bérénice Pichat nous propose une évocation pleine de sensibilité et de finesse de la vie à Paris sous L’Occupation allemande. Centré autour du marché noir et fruit d’un important travail de documentation, le roman restitue très bien cette période trouble de notre histoire. Entre question de survie, transgression et résistance et profit, les frontières sont poreuses et mouvantes et les personnages composés en niveaux de gris, loin de tout manichéisme. Porté par une composition polyphonique dynamique et une très belle écriture, « Marché noir » constitue un incontournable de cette rentrée littéraire.
« Marché noir », Bérénice Pichat, Les Avrils, 288 pages.
