« Ceux qui nous frappent », Anais Llobet

Charles Levain, jeune trentenaire bien sous tous rapports, comparaît devant le tribunal de Rennes pour un motif inhabituel : harcèlement moral sur conjointe ayant causé son suicide. Son ex-compagne, la championne de boxe Sara Messina, s’est jetée dans les eaux de la Vilaine. Si Charles affirme que Sara était dépressive et qu’il tentait tant bien que mal de la soutenir, pour la mère de la victime, il est un homme violent et sa fille était sous son emprise. Quant aux amies de Sara, cela fait longtemps qu’elles ne croient plus à la justice. Mais elles ne laisseront pas Charles impuni. Les trois jours de procès autour de ce « suicide forcé » verront défiler à la barre experts, policiers et avocates – témoins parfois troubles de la détresse mais aussi du caractère impétueux et complexe de la boxeuse. Tous tenteront de répondre à l’épineuse question : qui a tué Sara ?

« Ceux qui frappent » nous propose un huis-clos étouffant qui nous fait vivre un procès de l’intérieur en suivant ses différents protagonistes. Au fil des témoignages et des interventions, souvent contradictoires, se dessine en creux la personnalité complexe de Sara et sa relation qui l’est tout autant avec Charles. Comme les juges, le lecteur éprouve des difficultés à se forger une intime conviction tant la preuve tangible du suicide forcé apparait difficile à établir. Le roman nous interroge sur les difficultés de rendre justice et de réparer, avec en corollaire la tentation d’un recours à la vengeance pour y palier. Un roman passionnant qui nous questionne, nous pousse dans nos retranchements pour nous faire nos propres opinions. A lire !

« Ceux qui nous frappent », Anais Llobet, Les Léonides, 367 pages.

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