
Aux premiers jours de juillet 1940, dans un pays traumatisé par la défaite et l’exode, quatre jeunes Françaises aux patriotismes divergents – une aviatrice profasciste, une infirmière communiste, une lycéenne gaulliste, une veuve opportuniste – sont prises dans un entrelacs de loyautés et de liaisons coupables. De Paris désert et occupé par la Wehrmacht à Vichy bondé où grenouillent les politiciens, en passant par la campagne normande, ces femmes vont connaître en l’espace de huit jours un monde sens dessus dessous : la France est quasiment en guerre avec son ex-alliée l’Angleterre, L’Humanité se félicite de voir les ouvriers fraterniser avec les soldats allemands, tandis que l’Assemblée nationale se prépare à voter les pleins pouvoirs à Pétain. Un chassé-croisé amoureux et politique, pendant qu’agonise la République.
Grand habitué, et connaisseur, de la période de l’Occupation, avec notamment sa série autour de l’inspecteur Sadorsky, s’intéresse cette fois à cette période charnière de l’été 1940 qui a vu l’installation des soldats allemands en France en même temps que celle du régime de Vichy. « Un été de trahison » nous propose un portrait fascinant de cette période charnière marquée par une recomposition du paysage politique et sociétal. Chacune des quatre héroïnes va voir ses certitudes basculer, sous le coup de l’opportunisme, de la conviction, de l’amour ou encore de la peur. Très bien document, le roman nous immerge avec beaucoup de brio dans cette période tourmentée de l’histoire. Une vraie réussite !
« Un été de trahison, Romain Slocombe, Le Seuil, 480 pages.
