« Presque le silence », Julie Estève

Je n’ai pas trop l’habitude de chroniquer en détail les livres que je n’ai pas apprécié. Cependant, je souhaitais partager avec vous mes impressions de lecture sur l’ensemble des 20 titres composant la sélection du prix Orange du livre 2022, pour vous donner un aperçu global d’ici la seconde délibération, qui désignera les 5 titres finalistes. Du coup, plongeons-nous dans « Presque le silence ».

Cassandre est rousse, frisée et haïe des autres enfants. On l’appelle le Caniche. Elle aime Camille, un garçon très beau et fou de chevaux. Un jour, elle se rend chez un voyant pour connaître son avenir. Mais la séance tourne mal. Le cartomancien lui révèle cinq prophéties terrifiantes qui ne cesseront, au cours de sa vie, de la hanter. « Presque le silence » raconte la vie d’une femme en dix chapitres, de son enfance à sa mort. Une vie qui traverse dix grandes pertes, l’amour fou et les deuils.
Une vie mêlée au sort des hommes, des animaux et des arbres où les tourments de l’âme sont les miroirs de l’effondrement du monde.

« Presque le silence » s’est avéré au final une déception pour moi. J’ai vraiment peiné à m’attacher à son héroïne avec ses comportements et réactions qui semblaient par moment défier toute logique. L’intrigue m’a laissé une impression de fouillis semblant se dérouler sans que le lecteur comprenne exactement où l’autrice semblait vouloir l’emmener. Le récit est axé autour des cinq prédictions qu’a pu faire le voyant à Cassandre dans sa jeunesse. Peut-être est-ce moi qui ai mal suivi mais j’ai reposé le livre en me demandant au final quelles étaient certaines de ces fameuses prédictions. Peut-être aurait-il été judicieux de les lister ou de les rappeler plus précisément à un moment donné. L’écriture de son côté est en parfaite adéquation avec le personnage de Cassandre mais produit du coup un résultat assez disharmonieux rythmé par le passage des années et les âges successifs de la narratrice qui sont scandés régulièrement. La progression de la folie de celle-ci, parfaitement restituée par l’autrice, il faut le reconnaître, se fait au détriment de la compréhension globale de la fin du livre par le lecteur.
Bien sûr, tout cela n’est que l’expression de mon ressenti personnel. Il arrive parfois que des livres fonctionnent très bien auprès de certains lecteurs et pas d’autres. Ce n’était pas le cas pour moi, mais nul doute que d’autres sauront l’apprécier.

« Presque le silence », Julie Estève, Stock, 208 pages.

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