« Dès les palissements de l’aube », Luc Baranger

Aujourd’hui, je vous présente cette pépite qui vient tout juste de paraître !

Dans les tranchées de la première guerre mondiale, Dull Dawn, soldat indien Lakota dans l’armée américaine, est volontaire pour toute une série de missions au-delà des les lignes ennemies. Derrière cette témérité se trouve un désir de vengeance, né 27 ans plus tôt lors du massacre des siens à Wounded Knee.

« Dès les palissements de l’aube » est une superbe épopée qui retrace le parcours de Dull depuis sa naissance au cours des évènements de Wounded Knee jusqu’à sa quête de vengeance. Le livre est composé à partir de retours en arrière et de disgressions qui immergent le lecteur dans l’Ouest américain de la fin du 19ème siècle. Il y découvre le coût réel de cette « conquête » opérée au détriment des populations indiennes. En effet, celles-ci ont été purement et simplement massacrées, les survivants étant parqués dans des réserves avec la volonté assumée des pouvoirs blancs de se débarrasser de leurs traditions et modes de vie. Quitte à les faire sombrer dans l’alcoolisme et la misère. Le constat est sans appel et sans complaisance, et bien loin du mythe des cow-boys et des indiens véhiculé par l’histoire officielle, les spectacles de Buffalo Bill ou encore le septième art.

Le roman est très fort et porté par la plume virevoltante de Luc Baranger, à la fois pleine de vie et acérée pour dénoncer la folie de l’homme blanc face aux populations indiennes. Le lecteur se laisse porter par la partition mélodieuse qui se déroule sous ses yeux, malgré la tristesse et la colère qu’il peut ressentir devant un tel traitement. Un livre à ne surtout pas rater !

« Dès les palissements de l’aube », Luc Baranger, Équateurs, 496 pages.

3 commentaires

  1. Quand on est l’auteur de cette « pépite à ne pas rater », ça fait du bien de lire la critique. C’est mon 16e roman et il m’a donné du fil à retordre. J’ai dû faire une pause, qui m’a permis d’écrire une vraie-fausse biographie, assez intimiste, de Billy the Kid (L’extravagant Monsieur Parker, publié à la Manufacture de livres en 2019) et enfin revenir à l’écriture. J’ai participé au siège de Wounded Knee en 1973 (puisque le même lieu fut témoin de 2 tragédies à 83 ans d’intervalle), là où s’achève le roman. Étant nord-américain, c’est sans doute plus facile pour moi d’écrire sur le passé des pays où j’ai longtemps vécu (US et Canada). Une petite erreur dans la critique : ce n’est pas 45 ans après le massacre de Wounded Knee de décembre 1890 que Dull Dawn cherche à venger les siens sur le front d’Argonne, mais seulement 27 ans plus tard, en 1917.

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    • Merci pour cet éclairage super précieux ! Je vais rectifier l’erreur, j’ai dû m’embrouiller dans les dates à un moment donné ! J’ai le plaisir de participer, en tant qu’ancien juré, au prix Orange et tente de pousser « Dès les palissements de l’aube » pour le faire découvrir aux autres jurés, en espérant qu’ils se retrouvent emportés comme j’ai pu l’être !

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